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Le mardi 08 janvier 2008
Les animaux en condo.
par Me Karl De Grandpré
avocat chez PAPINEAU ET ASSOCIÉS.
Posséder un animal domestique ne cause pas vraiment d’inconvénients lorsqu’on habite dans une maison unifamiliale, mais il peut en être tout autrement en condo, où les droits individuels et collectifs doivent constamment coexister en harmonie pour le bien de la copropriété.
Vérifications avant l’achat
Tout nouvel acheteur devrait bien vérifier si la déclaration de
copropriété et les règlements de l’immeuble permettent la possession
d’un animal de compagnie et dans l’affirmative, à quelles conditions.
Si la déclaration permet d’avoir un animal, l’acquéreur d’un condo
qui a des problèmes reliés à la présence d’animaux (allergies, odeurs,
bruit, etc.) devrait bien réfléchir à sa décision d’achat. En effet, l’acquéreur
d’une fraction de copropriété ne tient habituellement pas à
inaugurer sa vie de copropriétaire par une bataille juridique avec le
syndicat.
Lorsqu’un règlement interdit complètement la présence d’animaux,
les tribunaux ont décidé, à quelques reprises, que certaines
clauses les prohibant n’étaient pas justifiées par la destination de l’immeuble
et ont ainsi été déclarées invalides. Il est donc plus prudent
pour l’acquéreur qui a un animal domestique d’éviter les copropriétés
où celui-ci n’est pas le bienvenu. Par contre, l’acheteur qui ne désire
pas voir des animaux de compagnie dans son entourage ne doit pas
être rassuré du fait de la présence d’une telle clause dans la déclaration
de copropriété. Il faut souligner que l’expérience révèle qu’elles
sont rarement respectées lorsque trop restrictives et que les juges les
ont souvent déclarées invalides.
Le futur acheteur qui constate que la déclaration de copropriété
restreint la présence d’animaux, les interdisant même dans les parties
communes, sauf aux fins d’entrée et de sortie, devrait être rassuré.
Les animaux domestiques qui ne dérangent pas les copropriétaires
devraient être acceptés dans la copropriété, à l’intérieur des bornes
des parties privatives. Ainsi, on assure la quiétude dans la copropriété
tout en respectant le droit de chaque copropriétaire de cohabiter
avec son animal préféré
Un nouveau règlement : modification totale ou partielle ?
Lorsqu’il s’agit simplement de réglementer la possession ou la présence
d’animaux sans vouloir les interdire complètement, ces décisions sont prises à la majorité
des copropriétaires présents ou représentés à l’assemblée générale. Il est fréquent de plutôt réglementer la présence d’animaux ou leurs déplacements dans les parties communes,
ce qui peut alors s’avérer le meilleur compromis pour tous les résidents.
Si le règlement vise plutôt la prohibition d’animaux dans l’immeuble
alors qu’ils étaient auparavant permis (ou la présence de
ceux-ci alors qu’il y avait une interdiction complète) et que ce nouveau
règlement ne reflète pas l’intention initiale des copropriétaires
et de la déclaration de copropriété, cela pourrait être un amendement
à la destination de l’immeuble comprise à l’acte constitutif de la
déclaration de copropriété. En vertu du Code Civil du Québec, pour
qu’une telle modification soit valide, la majorité des voix requises est
le trois quart des copropriétaires, représentant 90 % des voix de tous
les copropriétaires inscrits au registre de la copropriété (présents ou
non à l’assemblée). Un amendement de la sorte serait donc beaucoup
plus difficile à obtenir.
Une exception à ce principe : dans les cas où la copropriété divise
a été établie avant le 1er janvier 1994, la déclaration de copropriété
qui prévoit la règle de l’unanimité (100 % des copropriétaires) pour
les décisions visant à changer la destination de l’immeuble doit continuer
à recevoir application.
Animal nuisible
Il est bien important de se rappeler que les administrateurs n’ont pas une discrétion absolue et qu’ils doivent être très prudents dans l’adoption d’un règlement visant spécifiquement un animal problématique. Malgré tout, si les circonstances font en sorte qu’un animal en particulier devient nuisible et suffisamment dérangeant pour l’ensemble des copropriétaires, les administrateurs seront alors justifiés de prendre les mesures nécessaires afin que la présence de l’animal cesse de porter atteinte aux droits des copropriétaires.
Conclusion
En conclusion, il est donc primordial de vérifier le contenu de la déclaration de copropriété et des règlements ainsi que les modifications apportées au fil des ans afin de prendre une décision éclairée lors d’un nouvel achat. Ceci permettra au nouveau copropriétaire d’avoir la tranquillité d’esprit et jouir de façon complète de son condo, avec ou sans animal.
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